Galunggung : un volcan
qui s'est brutalement réveillé en février 1982, et dont Maurice
Krafft parle magnifiquement dans "Volcans du monde",
un livre encore disponible. Six ans après, que reste-il de
ces paysages vus couverts d'une neige cendreuse ?
Les rizières ont déjà retrouvé leur exubérance naturelle, et ce
n'est qu'à proximité même du volcan que le paysage montre qu'il
y a peu l'enfer se déchaînait.
A quelques kilomètres de là, des fourmillères humaines, dans les
lits des rivières, sont occupées à ramasser, à l'aide de petits
paniers, ces cendres, manne tombée du ciel, tant elles sont naturellement
riches en chaux et potasse.
Au point de départ
vers le volcan, subitement le paysage devient désolé, fait de
petites collines de scories percées par des arbustes qu'ils colonisent
obstinément.
D'un coup, la pente se redresse, pour aboutir au pied
d'une haute muraille à ce qui reste du volcan : une large dépression
dont le fond est occupé par un lac né des pluies constantes sous
ces latitudes.
Seuls deux petits îlots émergent. Notre tout jeune guide
nous raconte qu'ils correspondent au sommet des coulées qui s'étaient
accumulées à l'intérieur du cratère.
Un paysage austère, mais non dénué de douceur, si loin
du paroxysme qui a enfanté ces collines noirâtres.