L'intérieur du cratère
du Krakatau : une vague dépression où seuls des effondrements
marquent l'emplacement des cheminées actives. Peu de jours auparavant,
les explosions étaient audibles depuis la côte, à plusieurs dizaines
de kilomètres de là ! Le sol est brûlant, l'activité peut repartir
d'un instant à l'autre mais peu importe : la rage nous brûle,
avoir fait tant de milliers de kilomètrres pour ne rien voir...
Une semaine plus tard,
sur la foi d'informations locales, nous repartons vers le Krakatau.
Du bateau, nous voyons avec soulagement des panaches s'en échapper.
Mais sur place, rien !
Le soir tombe, une petite pluie enveloppe notre bivouac
et lorsque, totalement découragés, nous sommes sur le point de
retrouver notre tente, une gigantesque colonne de feu s'élève
au-dessus du volcan. Les bombes incandescentes atteignent près
de 300 m de hauteur. Le feu ruisselle sur toute la surface du
cône et il faudra de longues minutes pour que les dernières braises
s'éteignent.
Mais ce sera, à notre grand dam, la seule véritable explosion
de notre séjour... Le lendemain matin, nous trouverons les parois
de notre tente couvertes de cendres - cela ne nous console guère
de savoir qu'en luttant contre le sommeil, nous aurions pu voir
une explosion de plus.