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Ce volcan, le plus
actif des Philippines, élève son cône parfait à 2 462 mètres d'altitude
; mais cette beauté est cruelle, tant son ascension est rude.
L'itinéraire classique face Sud n'est plus pratiquable depuis
l'éruption de 1993. L'itinéraire face Nord part du Mayon Rest
House Obsevatory. Une sente dans la forêt tombe, après 1,5
km, sur une vieille coulée grise, usée par les eaux de pluie qui
y ont creusé de nombreuses "baignoires" irrésistibles.
Dès le départ, un mur de terre de 4 m de haut, pourvue
d'une seule vraie prise - une racine - pourrait arrêter net l'ascension.
Il s'agit ensuite de remonter les ressauts parfois délicats que
forme cette coulée ; les averse violentes la rendent plus glissante
encore. Après la végétation, vers 2 000 m, il reste à viser le
sommet à travers des terrains instables ou cendreux, et d'épaisses
fumerolles. |
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| Du rebord tant attendu
du cratère, nous nous penchons sur l'immense amphithéâtre en forme
de fer à cheval qui s'ouvre en contre-bas. Seule forme d'activité
: des milliers de fumerolles s'élèvent paresseusement dans les
airs et masquent en partie le dôme. Peu à voir, et après quelques
minutes nous redescendons en empruntant la ravine qui doit nous
ramener à notre petite tente. Soudain, nous buttons sur une barre
rocheuse de 10 m de haut ; il ne nous reste qu'à tout remonter
puis à attendre que le brouillard opaque qui nous a happés se
dissipe. Recroquevillés dans nos ponchos, douchés par de continuelles
averses, c'est seulement au bout de plusieurs heures que nous
repérons sans le moindre doute la ravine, parallèle à la nôtre,
qui nous ramène à notre fragile hâvre de toile. Le lendemain,
l'épuisement de Patrick transforme sa descente en un calvaire
de plusieurs heures. |
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