Les volcans et le monde du volcanisme

Prévention des risques volcaniques


L'espérance de vie d'un volcan se mesure en centaines de milliers d'années, et rares sont les appareils volcaniques en activité constante ; autant dire que l'immense majorité des volcans est entre 2 phases d'activité, avec des périodes de sommeil allant de quelques jours à plusieurs millénaires. Malheureusement, pour des raisons simplement économiques, peu parmi les plus potentiellement dangereux d'entre eux sont constamment surveillés.
La surveillance d'un volcan au repos utilise différentes méthodes et permet, de manière de plus en plus fiable, d'enregistrer les signes précurseurs d'activité qu'il reste alors à interpréter - ce qui n'est pas le plus simple ... (cf. la célèbre polémique entre Brousse et Tazieff en 1973 sur le réveil de la Soufrière de la Guadeloupe) et à concrétiser par les mesures d'évacuation qui s'imposent (cf. le refus des autorités colombiennes d'évacuer la ville d'Armero alors qu'une semaine avant la catastrophe du 13 novembre 1985 une carte très précise des risques avait été diffusée par les scientifiques).

- L'utilisation d'un réseau de sismographes relié à un observatoire est la plus connue de ces méthodes. Il permet de détecter en particulier les tremors liés à la montée du magma, quand l'éruption est imminente.
- L'étude des déformations d'un édifice volcanique à l'aide de tiltmètres permet aussi de repérer la montée du magma, les flancs du volcan gonflant de plusieurs millimètres. Encore plus précis, les inclinomètres peuvent percevoir des modifications de l'ordres du microradian.
- Les variations des champs magnétique et gravimétrique peuvent témoigner d'une migration du magma ; elles se mesurent à l'aide de magnétomètres et de gravimètres.
- L'analyse des fumerolles comme le suivi chimique des sources d'eau situées à proximité du volcan s'avère aussi nécessaire, les moindres variations étant significatives.
- Les satellites jouent aussi leur rôle, soit pour tansmettre automatiquement des données, soit pour l'étude des variations thermiques de certaines zones d'un volcan.

Texte tiré de Volcans de Jacques-Marie Bardintzeff.

L'évacuation des zones menacées en cas d'éruption est l'arme ultime des autorités afin de limiter les pertes humaines mais il est aussi possible de limiter les dégâts causés aux biens par l'édification de barrages, de digues et de canaux de déviation dans les vallées menacées. Les Japonais le font très bien (sans oublier la sensibilisation régulière des populations locales), mais aussi les Indonésiens : au pied du Merapi, de nombreux barrages tentent de canaliser les éventuelles coulées pyroclastiques qu'émet ce volcan considéré comme l'un des plus dangereux au monde (en raison de la présence à ses pieds d'une ville de plus d'un million d'habitants, Jogyakarta).
Malheureusement, ces barrages ont aussi des effets pervers négatifs : leur implantation ayant necessité le déboisement des zones concernées, ces zones deviennent de véritables fronts pionniers où des villages s'implantent - d'où danger supplémentaire en cas d'éruption comme en mai 2006... De plus, l'absence de végétation développe l'érosion ; le goudronnage des routes et des versants entraîne des problèmes de drainage qui augmentent la proportion de matériel instable, susceptible d'être entraîné par un lahar. Dernier problème : losqu'un lahar a été canalisé puis stoppé, le matériel s'accumule et se fige en amont du barrage, des gravières ainsi formées sont exploitées de manière artisanale par des Indonésiens vulnérables (enfants, vieillards)qui rechigent à quitter ces milieux. Dernier problème : la rentabilité même de tels aménagements, eu égard à leur coût d'entretien et de surveillance.
En novembre 2010, une très violente éruption du Merapi a tué des centaines de villageois. Le 5 novembre, deux villages, à 18 km du volcan, qui s'étaient cru pr par une digue en béton de 3 m de hauteur et 2 m delargeur le long de la berge, ont été en partie rasés par les nuées ardentes.

- Photos de volcanologues au travail sur l'Etna, sur le site du remarquable site "Stromboli on line" (en anglais).


Prélèvements hydrothermaux, Guagua Pichincha, Equateur.


Barrage anti-lahars, face Sud du Merapi.

Exemple concret de travail des volcanologues : Gouffre Tarissan (Soufrière de la Guadeloupe)


On aperçoit le cable avec la bouteille et le condenseur qui vont être relevés par un technicien de l'observatoire volcanologique.


Ce jour là, le prélèvement, issu du lac acide à 100 m de profondeur dans le gouffre, est mesuré à 98 °C et un pH négatif de -1...
(un bouillon du diable pour le lac le plus acide du monde, déjà mesuré à -1,5)

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