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Des lacs apparaissent souvent dans les cratères. Un volcan, entre ses périodes de crises, peut connaître des décennies, voir des siècles de repos pendant lesquels séchappent de simples jets de vapeur ou des fumerolles. A la longue ces gaz, souvent acides, altèrent et décomposent les vieilles laves en couches dargile imperméable qui colmatent le cratère. Les eaux de pluie sy accumulent alors, un lac est né. Mais les fumerolles continuent à sourdre au fond du lac et contaminent leau qui devient de plus en plus acide. Le Kawah Idjen, qui veut dire cratère vert en indonésien, niché à lextrémité de lîle de Java, est ainsi la plus grande réserve dacide sulfurique et chlorhydrique au monde. Sur les berges du lac, le soufre séchappe en abondance et il est exploité par une poignée de mineurs qui nhésitent pas à descendre jusque dans la gueule du volcan pour en extraire le précieux minéral. Août 1998, je suis en Indonésie. Une visite au cratère vert simpose donc. Le curieux volcan sélève à la périphérie d'une vaste plaine murée entourée de reliefs volcaniques : la caldeira d'Idjen. Pour y pénétrer, il faut montrer patte blanche aux militaires qui garde le dernier village de Sempol. La route s'avance ensuite parmi les plantations de café jusquà un petit torrent. Un pont construit avec des rondins de bois permet de franchir la rivière dont l'eau est étrangement verte : on dirait de l'eau de javelle ! Le torrent est en fait alimenté par le lac du Kawah Idjen. C'est donc bien du vitriol qui coule bruyamment sous mes pieds, et il me tarde d'en observer la source. Le sentier s'enfonce parmi de hautes herbes sèches et, après quelques kilomètres, attaque enfin les pentes du volcan. La poussière brune est désormais mouchetée de cailloux jaunes qui nous indiquent la route à suivre car cest du soufre pur.Tout à coup, parmi la végétation devenue luxuriante, le bruit grandissant de crissements saccadés nous parvient et, au détour d'un virage, japerçois un Indonésien descendre rapidement le sentier en trottinant. Il porte sur ses épaules une palanche dont les deux paniers en bambou tressé plient sous le poids des blocs de soufre qu'ils contiennent et émettent ce bruit caractéristique. Le porteur disparaît bientôt, tout aussi promptement qu'il était apparu. Plus haut, un autre homme se repose assis sur un rocher, fumant une kretek, ces fameuses cigarettes parfumées au clou de girofle qui leur donne cette saveur inimitable. Torse nu, le pantalon en lambeaux brûlé par les gaz volcaniques, l'homme, maigrichon et de petite taille, ne parait pas fait pour ce travail pénible de mineur. Pourtant je ne parviens même pas à soupeser la palanche qu'il transporte... Des années de dur labeur lui ont complètement déformé les épaules. Le sentier devient plus raide et glissant. Bientôt, le vieil observatoire volcanologique du Kawah Idjen apparaît et, derrière lui, quelques baraques en bois. |
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